À propos

Depuis que j’ai installé mon atelier à la campagne, mon jardin est devenu le sujet d’une nouvelle recherche picturale. Le regarder au fil des jours et des saisons a peu à peu transformé ma manière de peindre. La lumière change, les ombres se déplacent, les arbres se transforment au fil des saisons, et chaque regard fait apparaître un jardin différent.

Je ne cherche pas à représenter le jardin dans son ensemble, ni à en donner une vision fidèle ou frontale. Je laisse mon regard s’arrêter sur ce qui me touche : la base d’un tronc plutôt que sa silhouette entière, une ombre dans l’herbe, une architecture de branches, un coin plus intime, une lumière, une couleur qui surgit. C’est souvent dans ce fragment que je trouve la présence du lieu.

Chaque Portrait de jardin naît ainsi d’une rencontre : celle de mon regard avec un jardin, mais aussi celle d’un lieu avec ceux qui l’habitent, l’ont façonné et l’aiment. Car un jardin raconte souvent quelque chose de la personne qui en prend soin ; il porte ses choix, sa sensibilité, son rapport au vivant et au temps.

À travers la peinture à l’huile, je cherche moins à reproduire un paysage qu’à révéler ce qui le rend singulier. Mon écriture, mon cadrage, mes couleurs et ma manière de regarder viennent rencontrer la personnalité propre de chaque jardin.

Les Portraits de jardin sont aujourd’hui la forme que prend cette recherche artistique : faire apparaître, à travers mon regard de peintre, la présence singulière d’un lieu et le lien que l’on entretient avec lui.

Juillet 2026

« La variété infinie des sentiments que fait naitre le désir dans l’immobilité a donné lieu à l’infinie diversité de leurs formes. »

Francis Ponge, Faune et Flore

Delphine Epron développe une pratique artistique pluridisciplinaire, articulée autour de la peinture, du dessin, de la gravure et du travail de la terre. Son approche s’ancre dans l’exploration du paysage végétal, entre observation du réel et imaginaire personnel. Ses compositions, dénuées de figures humaines, évoquent une nature souveraine, traversée par une énergie intuitive et une gestuelle spontanée. À travers un vocabulaire organique et minéral, elle construit un univers symbolique où chaque élément végétal devient porteur de mémoire, d’émotions latentes et de récits implicites. Son travail interroge notre lien au vivant, en jouant sur l’ambiguïté entre étrangeté et attraction, inquiétude et douceur. Il en résulte des œuvres sensibles, parfois énigmatiques, où la matière et le trait dialoguent pour donner forme à une tension poétique.

« Pour la citadine que je suis, la contemplation de la nature a toujours été un réconfort et un refuge, ouvrant vers un espace de déambulation mentale et sensorielle. »

Mai 2025